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Quand les "professionnels" se conduisent comme des amateurs... Il n'y a plus qu'à se professionnaliser tout seul !

Je suis pas pour le culte de l'amateur en théorie, ça dépend des champs d'intervention et des amateurs en question. En revanche je crois à l'intelligence et à la sagesse des foules, au crowdsourcing et au travail collaboratif à gradne échelle. Mais c'est pas le propos.

Je subis depuis 2 semaines des lenteurs inadmissibles de la part de mon "hébergeur professionnel" (payant bien entendu, ONLINE pour ne pas le citer), je reçois mes mails avec parfois des heures de retard et vice versa quand on m'en envoit... Dans ce contexte, que suis-je obligé de faire ? M'appuyer sur un service qui lui ne dérape jamais et qui est gratuit, Gmail en l'occurence pour ce qui concerne mes mails...

Autre exemple caractéristique : j'ai récemment fait une opération client et je me suis vu répondre par la DSI de mon client que tout ce que je proposais était impossible sur leurs serveurs gérés par IBM à prix d'or... J'ai donc rapatrié l'ensemble du dispositif sur mon hébergement à moi et tout s'est bien passé, moyennant un coût défiant toute concurrence...

Dernier exemple, j'ai récemment monté un film pour un autre client via une boite de production vidéo qui a envoyé des liens vers les ressources vidéos pour nous faire valider son travail : je téléchargeais le film en 30 secondes, pareil avec mon client quand il était chez lui mais dans son entreprise, il a mis 20 minutes, ça a planté plusieurs fois et il a donc été obligé d'appeler son helpdesk qui lui a trouvé une solution beaucoup moins conviviale et qui a mis surtout un certain temps à lui proposer quelque chose d'opérationnel...

Donc je pose la questions suivante : comment voulez vous que les amateurs ne soient pas plus puissants et réactifs que les professionnels quand les uns travaillent via Firefox entièrement "dans les nuages" (SaaS) avec des outils gratuits redoutables alors les autres se débattent avec Internet Explorer sur des machines périmées et des logiciels sous licence qui n'évoluent donc qu'une fois tous les ans ?

Que font les DSI ? A quand des DSI 2.0 ? Il faut vraiment que la Directions générales distribuent des giffles pour que les choses changent ?

Puisqu'on te dit que c'est gratuit : vas-y !

Dans "Gratuit , du déploiement de l'économie numérique", Olivier Bomsel nous parle de l'assimilation du numérique au gratuit du fait de la présence des "effets de réseaux". Il nous explique que comme "les innovations numériques voient leur utilité croître avec le nombre d'utilisateurs, il s'agit de logique d'effets de réseau qui imposent de conquérir le plus rapidement possible par des subventions subtilement choisies créatrice d'irréversibilité une masse critique d'utilisateurs..." Bah oui, c'est pour nous soutirer de l'argent ou en faire sur notre dos qu'on nous donne des choses gratuitement. Les entreprises et les pure players d'Internet ne sont pas des philanthropes...

C'est vrai, il a raison, "le gratuit est en Europe le propre des biens et des services publics" et "la tradition économique lie historiquement la valeur à la chose produite, au prix de revient et aux coûts associés aux objets..." Et c'est également très pertinent de dire que le numérique au sens littéral de chiffrage / codage en séquence binaire assimile tout ce qui est "codable" en bits à de l'information et réalise donc en cela le rêve de la langue universelle de Babel et finit donc par dépasser les desseins de Dieu. La valeur de synchronisation aussi c'est une véritable notion actuelle pour bien comprendre les déploiements du téléphone, des ordinateurs, d'Internet, des réseaux sociaux...

Mais pour Olivier Bomsel, "sous une apparence bienfaisante, le gratuit annonce toujours le prélèvement d'une rente et son réinvestissement dans une dynamique industrielle ou clientéliste". Et là je dis comme Marx : "ça dépend". Car il oublie tout une partie de la gratuité gratuite et désintéressée : les logiciels libres, les processus d'intelligence collective, les cybermobilisations et l'hacktivisme, le peer-to-eer et le warez, les sous-titrages et les traductions collaboratives, toutes ces communautés et ces internautes, blogueurs ou webmasters, qui ont fait avancé Internet gratuitement, sans copyright, dans le don...

Il conclut donc en reprenant que "There ain't no such thing as a free lunch" qui pourrait se traduire par "on a rien sans rien". Et si je parle des tutoriaux, des RFC/RFP, du W3C, de l'IETF ou de l'ISOC, de la devise des hackers ("information wants to be free") et si je dis Linux, PHP, mySQL, Apache, Debian, Slashdot, Wikipedia, SPIP, Mozilla, Anonymous, Freenet, Thor, Sourceforge, EFF, Indymedia, Creative Commons, GNU, Internet Archive, qu'est ce qui se passe ? Alors ? Allo ? Y-a quelqu'un ?

Eh, eh...

Anonymous ou la puissance du réseau - Le 15 mars : "we can make a difference"

On parle souvent d'Internet comme un truc génial mais je trouve que souvent ce n'est pas pour les bonnes raisons. Toutes ces histories d'intelligence collective, de buzz, d'open source politique et de social networking, de crowdsourcing, de web 2.0 nous font perdre de vue l'essentiel de la puissance d'Internet. Seul un exemple peut nous ramener humblement à une vision effarante de ce que peut Internet dans ce qui l'a de plus mobilisateur, international, critique, libertaire...

La manifestation mondiale contre l'Eglise de Scientologie déclenchée par "Anonymous" est un modèle qui restera dans les annales. Une explosion de cyberculture imédiatement historique tant la mobilisation a été spontanée et immense. Voilà ce que peut nous donner Internet, ces possibilités là sont inédites. J'adore ce réseau, il a changé ma vie et le monde dans lequel je vis. Et ce n'est que le début.

Le 15 mars : soyez au rendez-vous mondial contre l'Eglise de Scientologie, devant leurs bureaux, contre leurs sites web, autour de vous parlez-en.

Netscape est mort ! Vive les navigateurs et le web !

Parfois il y a des pages qui se tournent et qui vous donnent un peu de nostalgie mais pas trop.

Netscape est lâché par AOL et va donc mourir de sa belle mort. Le premier navigateur commercial de l'histoire, celui qui a fait exploser l'usage du web grand public : c'est fini ! Lire l'article du NY Times ici.

Mais le web n'est pas mort lui. Web 2.0 ou Web 3D, l'histoire continue et Netscape a laissé sa place à Flock, Firefox...

Le navigateur non plus n'est pas mort, il devient le seul logiciel utile sur un ordinateur en dehors du système d'exploitation.

Le web comme plate forme, comme disque dur et sauvegarde, comme serveur d'applications en ligne, le commencement et la fin : tout ça grâce au navigateur ! Trop fort.

Netscape est mort ! Vive les navigateurs et le web !

Les QR codes réinventent les jeux de pistes et réenchantent la communication

C'est nouveau, pas encore dispo sur tous les mobiles mais ça va pas tarder : imaginez un picto crypté qui renferme un message et qu'on ne peut découvrir qu'en le scannant avec son téléphone mobile...

Ca existe, ça cartonne déjà au Japon et ça s'appelle un QR code (QR pour quick response).

Voici comment on écrit "Frédéric Bardeau" en CQ code :

qrcode

Voilà le QR code de mon site professionnel :

qrcode

Et pour terminer mon numéro de portable :

qrcode

Gros potentiel d'usage...

A suivre donc !

Internet au coeur du planning stratégique, pas trop tôt !

En ce moment j'échange avec quelqu'un par mail qui s'intéresse à la manière dont je travaille. Elle m'a posé la dernière fois une question qui démontrait qu'elle avait une vision de moi comme d'un "planneur web" et me demandait la différence que ça faisait avec les "planneurs pub" ou les "planneurs 360°".

Je me suis vu lui répondre qu'Internet était incontournable à tous les niveaux, et que je n'étais finalement définitivement pas un "planneur web" car Internet était à prendre pour moi :

> en tant que source d'information (veille, focus group, tendances, crises...)
> en tant que canal en soi pour les stratégies de communication
> en tant que déclinaison des autres canaux de communication (son, image, textes...)
mais le plus important c'est qu'Internet n'est pas à cantonner au petit bout de la lorgnette "communication", il est pure stratégie d'entreprise, marketing du marketing : Internet en tant que moteur de transformation interne (travail collaboratif, innovation partagée) et de service à l'externe (conversation, co-production..)

Et de façon plus générale, quand j'étais rattaché au planning chez DDB & Co en 1999, Pierre Siquier avait accepté mon projet de créer une cellule de "cyberconsulting" qui formalisait ce que je faisais déjà à l'agence : alimenter les planneurs, les commerciaux pour les clients acquis comme pour le newbiz en informations et en idées trouvées sur, concernant ou permettant d'utiliser Internet.

Clairement pour moi Internet renouvelle la communication, le corporate et le planning de fond en comble. Historiquement lié à la publicité, le planning stratégique et la création sont en train de changer de mode d'existence et de fusionner avec Internet. EURO RSCG 4D vient d'être fondue dans EURO RSCG New York "normal" (c'est-à-dire "pub") et l'on réfléchit de plus en plus à ce qu'est le planning "web-centric".

Cette "révolution" n'en est pas une pour moi car c'est ce que je fais depuis 10 ans : du planning stratégique "web-centric", de la communication de crise "web-centric", du marketing "web-centric", du conseil "web-centric"... et je suis loin d'être le seul bien entendu !

C'est juste que maintenant tout le monde dit qu'il faut le faire... mais il reste fondamental là dessus comme sur le reste de le faire bien...

;-)

RP 2.0 et blogpitching : tout n'est pas noir ou blanc !

Bah oui, j'en parle régulièrement sur ce blog : les agences de RP traitent désormais les blogueurs comme elles traitaient les journalistes et ce n'est pas sans poser quelques soucis...

Première série de soucis : les blogueurs qui se rebiffent soit pour montrer qu'ils ont au moins autant sinon plus d'égo que les journalistes, soit parce que très franchement les grosses ficelles les énervent ou soit encore parce qu'ils ne veulent pas manger de ce pain là. Un bon exemple est décrit ici.

Deuxième série de soucis : les agences de RP se la racontent un peu trop et font des conneries. Ca se retourne contre elles (Wal-Mart, Fox News, Nestlé, Coca Cola, Amnesty International) ou ça marche pas tout simplement : et dans ce contexte, comment justifier ses honoraires ?

Mais le 3ème souci à mon avis est plus important car il consiste à avoir une approche moins manichéenne où il y a des bons et des méchants : que penser des blogueurs qui sont invités par les éditeurs dans les salons, shows, conférences, grand-messes et qui en font de multiples et plus ou moins narcissiques compte-rendus sur leurs blogs ? Quelle différence il y a t'il entre cette façon de gérer les blogueurs et la manière dont les laboratoires pharmaceutiques traitent leurs Key Opinion Leaders (professeurs, médecins, associations de patients...) ?

Je lance le débat car il est à mon avis très symptomatique de l'hypocrisie qui règne dans le petit sérail de la blogosphère française où l'on a facilement beau jeu de critiquer un baron patron de plateforme de blog pour conflit d'intérêt et intéressement, alors qu'un magazine du blogging qui donne souvent des leçons va faire sans souci le compte rendu d'un concours antipelliculaire, ou qu'un spécialiste des interfaces riches va passer la semaine à Barcelone aux frais d'un éditeur.

Donc 2.0 ou pas, le cycle de l'information a beau être tout retourné par les blogs, c'est toujours la même histoire : égo et influence, two-step flow communication et corruption passive et globalement recherche permanente du third-party endorser derrière le leader d'opinion.

Moi j'ai pas de souci car les choses sont claires : je suis un consultant en communication (donc un méchant...) mais je blogue pour le plaisir et ouvertement pour mes clients et pour en trouver d'autres, mais sans jamais faire de publicité sur mon blog...

La schizophrénie est partout mais elle ne donne pas toujours des leçons d'honnêteté...

J'arrive pas à croire que La Poste y ait pas déjà pensé : envoyer des lettres papier par email !

J'ai bossé pour la Poste et notre "mission" était de promouvoir le courrier papier, l'envoi de lettres d'amour, de cartes postales, tout pour concurrencer le mail et redorer le blason de la bonne vieille enveloppe timbrée.

Ce qui me gênait toujours, comme d'habitude, c'était cette opposition stérile entre les 2 médias : le snail mail papier et l'email électronique... Comme si la TV avait tué la radio et Internet les livres... Débile !

Et puis je suis tombé sur ça, et là tout s'est éclairé ! Bon sang mais c'est bien sûr : écrire à ma grand mère qui n'a pas de mail me prendrais du temps, mais si je pouvais lui envoyer un mail et que quelqu'un l'imprime et le poste pour moi, pour 1 dollar : bien sûr que je le ferais plus facilement !

Et je vous parle pas de l'intérêt pour les envois massifs (anniversaires, mariage...)...

J'utilise le sevice de recommandé électronique de La Poste pour cette raison, mais pourquoi n'élargissent ils pas encore plus le concept : tous les gens comme moi préféreraient payer 1 euro plutôt que d'acheter une enveloppe et un timbre...

CQFD

Le retour du grand méchant Internet !

Et voilà... Ca recommence...
Un grand journal du soir et un de ses journalistes "sérieux" reprend un vieux discours flambeaux des Cassandre un peu trop rebelles aux évolutions technologiques : "Internet c'est le Mal, attention au grand méchant Big Brother".

La première phrase de l'article donne le ton : "Internet réussira-t-il là où tous les grands totalitarismes du XXème siècle ont échoué ?"

La fin est plus mesurée : "Les nouvelles technologies ouvrent la voie d'un monde où l'individu est progressivement doté d'outils à double tranchant. Des libertés nouvelles, mais aussi des risques inouïs de fichage et de marquage des individus."


Entre les deux : idées reçues et clichés, chiffons rouges agités frénétiquement, contre-vérités et approximations stériles.

Les "pédophiles", le "porno", les "nazis" et les "hackers" ne sont plus à la mode donc il faut taper plus fort : la vie privée, les données médicales, le profiling, le pouvoir de Google...

Mais ce sont toujours les mêmes postulats qui sont à l'oeuvre :
- le progrès technologique est par essence mauvais et doit inspirer la plus grand méfiance : le totalitarisme arrive toujours par ce biais là (vieille rhétorique maurassienne ou post-marxiste)
- les utilisations "négatives" (par rapport à quelle morale ?) des technologies les disqualifient car le principe de précaution doit prévaloir...
- le public est trop bête et les chercheurs manipulés par un complot militaro-industrialo-gouvernemental

En revanche, jamais de rappel du pouvoir immense que l'informatique et Internet confèrent désormais à ceux qui ont la chance d'avoir le pouvoir d'achat (pour le matériel) et la démocratie de l'Etat de droit (pas de fltrage des accès comme en Chine et en Birmanie, une CNIL...).

Cette puissance inespérée et sans précédent de pouvoir s'informer et s'exprimer, librement, anonymement (Tor), sans publicité (identification et destruction des ad/spywares et autres cookies) et surtout sans s'en remettre aux experts autoproclamés de l'information "objective" qui doivent être légion à la rédaction du Monde...

Le "devenir fasciste" de l'Internet n'est pas à chercher chez Google (dont la devise est "don't be evil"), mais plutôt du côté des législations policières de la guerre contre le terrorisme...

Un baromètre quali de la blogosphère ? Et toujours gratuit ?

Mais où s'arrêtera t'il ?

Après le keyword planning (voir ici), voilà une offre encore plus folle et toujours open source :
Logotopoftheblogs


"Top of the blogs" c'est un baromètre qualitatif (donc pas de chiffres, pas de pourcentages, pas de "représentativité", etc.) : rien que du sentiment !

Les marques, les produits et le services dont les internautes blogueurs parlent très positivement... Une mine d'info marketing / communication sur les phénomènes de lovemarks et les insights qui s'y rattachent.

Le mieux c'est de voir en action...

Ce sera ici, et là aussi

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