Dans "Gratuit , du déploiement de l'économie numérique", Olivier Bomsel nous parle de l'assimilation du numérique au gratuit du fait de la présence des "effets de réseaux". Il nous explique que comme "les innovations numériques voient leur utilité croître avec le nombre d'utilisateurs, il s'agit de logique d'effets de réseau qui imposent de conquérir le plus rapidement possible par des subventions subtilement choisies créatrice d'irréversibilité une masse critique d'utilisateurs..." Bah oui, c'est pour nous soutirer de l'argent ou en faire sur notre dos qu'on nous donne des choses gratuitement. Les entreprises et les pure players d'Internet ne sont pas des philanthropes...
C'est vrai, il a raison, "le gratuit est en Europe le propre des biens et des services publics" et "la tradition économique lie historiquement la valeur à la chose produite, au prix de revient et aux coûts associés aux objets..." Et c'est également très pertinent de dire que le numérique au sens littéral de chiffrage / codage en séquence binaire assimile tout ce qui est "codable" en bits à de l'information et réalise donc en cela le rêve de la langue universelle de Babel et finit donc par dépasser les desseins de Dieu. La valeur de synchronisation aussi c'est une véritable notion actuelle pour bien comprendre les déploiements du téléphone, des ordinateurs, d'Internet, des réseaux sociaux...
Mais pour Olivier Bomsel, "sous une apparence bienfaisante, le gratuit annonce toujours le prélèvement d'une rente et son réinvestissement dans une dynamique industrielle ou clientéliste". Et là je dis comme Marx : "ça dépend". Car il oublie tout une partie de la gratuité gratuite et désintéressée : les logiciels libres, les processus d'intelligence collective, les cybermobilisations et l'hacktivisme, le peer-to-eer et le warez, les sous-titrages et les traductions collaboratives, toutes ces communautés et ces internautes, blogueurs ou webmasters, qui ont fait avancé Internet gratuitement, sans copyright, dans le don...
Il conclut donc en reprenant que "There ain't no such thing as a free lunch" qui pourrait se traduire par "on a rien sans rien". Et si je parle des tutoriaux, des RFC/RFP, du W3C, de l'IETF ou de l'ISOC, de la devise des hackers ("information wants to be free") et si je dis Linux, PHP, mySQL, Apache, Debian, Slashdot, Wikipedia, SPIP, Mozilla, Anonymous, Freenet, Thor, Sourceforge, EFF, Indymedia, Creative Commons, GNU, Internet Archive, qu'est ce qui se passe ? Alors ? Allo ? Y-a quelqu'un ?
Eh, eh...
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