Ca fait longtemps que ça me démange et que je me retiens mais là clairement, c'est plus possible...
Que je lise des pages de bêtises, de discours opportunistes et de "buzz" sur le web 2.0 dans des blogs ou des médias, c'est normal (quoique), en tous cas ça se comprend : on ne scie pas la branche sur laquelle on est assis (sauf moi je vais y revenir) et pour les journalistes il faut bien chercher de l'actu un peu sensationnelle.
Mais quand c'est un client ou un prospect qui me fait le coup du "on est pas assez web 2.0", où quand je vois à quel point on se pose une question aussi débile que : "pourquoi les DSI ont peur de mettre du web 2.0 dans les entreprises ?" (voir le morceau de bravoure en anglais publié ici à grand renfort d'études Forrester) : c'est plus possible !
Rappel des faits : le web a été créé pour se développer et répondre à des besoins multiples et variés (échanges d'information, business, divertissement, etc.), peu importe les usages j'ai envie de dire. Que le web 2.0 désigne une posture qui place l'internaute au centre des contenus et des services (user centric + user generated content des blogs, des wikis, des flux RSS), qu'il permette de "mixer" des applications ouvertes (mashups) ou encore d'enrichir les interfaces des sites web (AJAX), soit.
Mais je pose 3 questions auxquelles j'ai clairement des réponses assez tranchées :
- en quoi est-ce une "révolution" qui justifie qu'on dise qu'on a franchi un saut quantique au niveau du web ?
On nous fait régulièrement le coup de la killer app, du "truc qui déchire" et qui fait que rien ne sera plus jamais comme avant. Ca fait vendre du papier, du conseil et des sites Internet mais ça apporte rarement de la valeur ajoutée durable pour l'utilisateur, et pour le business encore moins. Il y a eu les applets Java et maintenant c'est AJAX ou Ruby on Rails. Pour moi, des sites comme mySpace me font penser, en plus facile d'accès, aux sites personnels d'antan (ah Geocities, les pages persos des FAI...) et j'ai envie de dire : combien de divisions ? De l'argent et des rachats OK mais qu'apportent de réel et de durable des sites comme mySpace, YouTube, FaceBook, Flickr ? Ca reste des images, des vidéos, des textes non ? Elle est où l'expérience unique pour l'utilisateur et la révolution pérenne pour la société et le business ?
- ne doit-on pas considérer que c'est au contraire une régression par rapport à l'objectif premier du web qui a été conçu dès son origine et doit continuer à se développer comme un principe unifiant et unique qui reste standard, interopérable et accessible à tous ?
L'AJAX n'est pas accessible (aux mal voyants), les mashups (Maps, etc.) non plus, et où sont les outils et les contenus qui unifient le web, le rende plus intelligent, plus intégré ? Comment on fait pour conserver un web qui réponde toujours aux contraintes du W3C si tout le monde fait n'importe quoi avec n'importe qui ?
- et les organisations, elles doivent en penser quoi et en faire quoi de ce web 2.0 ?
Là c'est un peu comme d'habitude, il faut d'une part booster un peu les informaticiens qui vont être trop sur la réserve ("le web 2.0 c'est pas dans les clous au niveau sécurité, ça sert à rien et ça fait perdre du temps aux salariés") et calmer les communicants qui vont avoir tendance à vouloir des blogs, des wikis, des mashups et des interfaces en AJAX pour être "dans le vent".
Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit : du business il y en aura et des révolutions il y en a, mais pas tous les jours et il ne suffit pas d'avoir un site un peu dépouillé avec de l'AJAX ou une mashup pour en être. Google c'est une révolution unifiante (Page Rank), Wikipédia aussi à sa manière, les flux RSS changent beaucoup la donne, d'autres innovations sont en cours de consolidation, d'autres naissent...
Mais au niveau du web, il ne doit en reste qu'un : ni 1.0, ni 2.0, ni 3.0, juste le web, un et indivisible, pour tous et partout.
Parlez moi du web sémantique qui nous permettra de poser des questions en langage naturel aux moteurs de recherche, là je vous dirais que vous faite avancer le web !
Les commentaires récents