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Ecoblanchiment publicitaire: l'autorégulation entre amis - La Tribune.fr

J'en parlais récemment et bien voilà, une tribune publiée dans La Tribune revient sur les mécanismes d'autorégulation dans les tentations de greenwashing des annonceurs et de leurs agences complices...

Ecoblanchiment publicitaire: l'autorégulation entre amis - La Tribune.fr

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Que direz-vous à vos enfants quand la loi HADOPI sera passée ? | Gizmodo

Les points clés de la loi et de la démonstration de son absurdité / dangerosité :
Que direz-vous à vos enfants quand la loi HADOPI sera passée ? | Gizmodo

Signez la pétition SVM et méfiez vous des lois liberticides qui prétendent défendre la création : l'industrie musicale est en crise, les producteurs aussi mais pas la création ou les artistes

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L'écoblanchiment / greenwashing, les publicitaires et le BVP

Un certain nombre de publicitaires sont inquiets du nouveau dispositif du BVP contre l'écoblanchiment, avant même sa mise en place...

L'autorégulation "entre amis" paraît effectivement peu garante du respect de hautes exigences en matière de discours publicitaire sur l'environnement...

Pendant ce temps là les ONG / associations continuent de dénoncer les campagnes de greenwashing et les agences de monter des "filiales développement durable"

On a pas fini d'en parler, suite au prochain épisode...

Toutes les infos sur le dispositif BVP

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Les clients, les agences et les freelances...

Cette semaine c'est chaud, ça part dans tous les sens...

D'abord : des clients qui me demandent de travailler en direct avec des freelances ou des structures que j'ai apportées comme des solutions à des problèmes, ce pour éviter d'avoir à payer des honoraires. Soit, car comme je suis une micro-structure qui fédère des frees, des structures et des ressources, j'ai l'habitude de ça, j'en ai fait une spécialité même sur les projets Internet.

Ensuite : des agences qui emploient des frees en pompier mais qui négocient les prix quand même et mettent une bonne pression alors que c'est vraiment leur désorganisation ou leur manque de compétence que je viens pallier. Et puis je suis bien conscient de toutes les contraintes car je suis là pour les gérer, et bien souvent je suis bien plus responsable de mes clients, scrupuleux et prudent que pour ma propre structure...

Après : des clients qui prennent des freelances mais qui veulent passer à la vitesse supérieure au niveau stratégique mais qui chancellent devant les coûts que cela induit forcément de changer de braquet et qui négocient autant les prix que la réactivité. Alors que je veux bien moi leur présenter des solutions puissantes, leur faire des recommandations et mettre en oeuvre les actions qu'ils décident au final...

Donc beaucoup de travail, pas de reconnaissance, une rémunération pas toujours à la hauteur de l'investissement en temps ou au prix de l'expertise, et tout ça sur fond de factures impayées depuis longtemps et donc de décalage de trésorerie...

Je crois que j'ai vraiment besoin de vacances...

Mais ça tombe très bien car c'est pour bientôt : je pars en Israël du 16 au 25 juin pour marier une amie de ma femme, sans les enfants !

Vivement les vacances...

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Laurent Terrisse et "l'affaire de la Fondation Recherche Médicale" : entre faux scoop et vrais mensonges réchauffés

Parfois, il suffit d'oublier les faits et la concordance des temps pour salir quelqu'un, gratuitement.

Quand on tape Laurent Terrisse sur Google, on obtient des informations sur les causes qu'il a défendu mais on trouve aussi des choses fausses qui tentent d'exhumer de vieilles  des articles anciens pour les refaire appraître comme par magie. Alors parce que Laurent Terrisse est un ami, quelqu'un que je respecte beaucoup et avec qui je travaille depuis 10 ans, et aussi parce que j'ai envie de voir quelle place ce post va occuper dans les résultats de Google "face" aux autres documents remplis d'amalgames et d'inexactitudes tendancieuses.

J'invite d'ailleurs tous ceux qui ont déjà travaillé avec Laurent Terrisse et qui le connaisse à relayer ce post pour augmenter le pagerank de cette contre-information face à la désinformation.

Le fond de l'histoire.

Il ne faut pas mélanger des faits qui n'ont que peu de rapport entre eux en en traitant certains au présent alors qu'ils sont passés :
- tout part d'une plainte en diffamation contre Laurent Terrisse qui est alors mis en examen : cette situation abusive autant que temporaire ne dure pas car le juge prononce un non-lieu
- au moment des faits TBWA n'était pas l'agence d'événement de la Fondation Recherche Médicale, mais son agence de publicité, ce qui lui a valu d'ailleurs des prix, en particulier pour avoir accru les résultats des collectes de fonds (Effie 2004) et cela fait maintenant plusieurs années que TBWA ne travaille plus pour la Fondation Recherche Médicale
- Laurent Terrisse n'a jamais eu le moindre lien avec Ensemble contre le Sida
- le contrôle de la Cour des Comptes qui est en cours concernant la Fondation Recherche Médicale est un contrôle de routine, comme en subissent régulièement tous les organismes faisant appel nationalement à la générosité du public...

Mais alors à qui profite tout ça ?
A l'ancien collaborateur de la Fondation Recherche Médicale à l'origine de la plainte et donc du début de toute cette affaire ?
L'histoire n'en dit pas plus... pour l'instant... en tous cas mais faut pas trop exagérer non plus...


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grrrrrr... première fois que je plante un client en pleine mission !

Je suis pas très fier mais la semaine dernière j'ai fait quelque chose que je n'avais encore jamais fait depuis que je suis freelance : abandonner un projet mal emmanché en cours et donc "planter" mon client.

Pas très courageusement je l'ai fait par mail au lieu de prendre mon téléphone, mais il faut dire que ce projet avait réveillé en moi de mauvais souvenirs et de fâcheux réflexes de résilience...

Une explication s'impose.

D'abord je suis de ceux qu'on appelle "les gentils", je ne me laisse pas marcher sur les pieds, on y reviendra, mais je suis toujours prêts, toujours dispo, très peu chiant ou tâtillon, etc.

En plus, j'ai un sens du service au client qui est redoutable et qui me joue souvent des tours (charettes nocturnes, jongleries en tous genres et week-end studieux...) mais c'est pas grave. Je dois tenir ça du fait que mes parents ont toujours fait passer les clients de leur commerce "avant nous", mais en tous cas je fais pareil. Le client est roi mais c'est encore plus quand on fait du conseil car il est censé s'en remettra à nous.

Et là précisément, je pensais qu'on m'avait sollicité pour du conseil mais en fait ce n'était pas le cas. Il s'agissait d'une agence de pub qui a pignon sur rue, qui fait de magnifiques campagnes, qui reçoit des prix, etc. Dont acte, mais là c'était pas pour de la pub mais pour un site Internet, pour un grand compte, un client de l'agence donc il leur fallait répondre absolument car c'était déjà un honneur d'être consulté.

Donc dès les premiers rendez-vous, je reconnais tout de suite où je mets les pieds : site web "disruptif", locaux nickel en périphérie de Paris, écrans de TV dans le hall, créas au mur, jolies filles et beautiful guys... Le boss me reçoit, il est très sympa, on sent qu'il a la pression (financière) et qu'il fait ce qu'il peut pour l'assumer (les narines irritées) mais franchement bon accueil.

Puis arrive "le vrai client", celui qui est à l'origine de la demande de renfort, donc celui pour qui s'est à la fois indispensable et en même temps difficile de voir débarquer quelqu'un qu'on appelle "à l'aide" pour faire la mission. Outre l'évidence de l'adéquation de son profil à l'agence, il me dit d'emblée être débordé ("d'où ma présence"), fin connaisseur de la problématique et du client sur lequel le mystère demeure (ok, soit) et en "recherche de quelqu'un pour coordonner la réponse à ce pitch énorme, quelqu'un qui prendrait le projet à bras le corps..."

On me demande donc à l'issue de dire si "je sais faire, je peux faire et si oui combien" : dès mon retour à l'agence, je fais donc un mail de confirmation avec certaines restrictions (des jours d'absence incontournable), je donne mon tarif journalier et j'attends la réponse et le brief.

Quelques jours plus tard, on me confirme que c'est OK, on m'envoie le brief et immédiatement je compulse tout et je fais une note de synthèse de ce que j'ai retenu, compris et de comment il faudrait dans l'idéal prendre les choses concrètement. "Merci pour la note" qu'on me dit, mais les choses ne s'enclenchent pas vraiment. Chacun cherche à se faire "une conviction" et comme c'est un site Internet et que le cahier des charges est assez "technique", on ne se mouille pas et on s'en remet à moi ("l'expert") et à "mon client interne" qui se dois remplacé pour cause de "débordement" mais qui disparaît pendant 3 jours... 3 jours de perdu...

Mon "client interne", le débordé, reste méfiant, et rétrospectivement je me dis que d'entrée il ne m'a pas acheté en tant que ressource capable de faire le job, d'où le fait que j'ai jeté l'éponge, car d'habitude, cela me donne plutôt envie de prouver ce que je sais faire, mais là non... Il s'engage à briefer des partenaires techniques qu'il connaît, pour "muscler" la réponse de l'agence, et disparaît littéralement pendant une semaine... Pas de nouvelles bonnes nouvelles... Ca me laisse donc largement le temps de travailler avec "le planning" pour préparer le "brief créa", pour quelqu'un qui de toute façon va partir en vacances "mais il va pouvoir y réfléchir". Bien sûr...

Les échanges de convictions et le manège ont ainsi duré presque 2 semaines, entre temps des ateliers avec le "grand compte" ont lieu, chacun en ramène de nouvelles "convictions" ce qui ne fait pas avancer le schmilblick et moi je me trouve dans la position de celui qui n'a ni l'autorité, ni le temps et très vite ni l'envie de batailler. Car ce que je reconnais assez facilement à ce moment là, c'est ce que j'ai déjà vécu dans d'autres agences : chacun est dans son rôle, personne ne se mouille vraiment et au bout d'un certain temps il faut bien que quelqu'un travaille et fasse avancer le boulot pour que tout le monde puisse continuer à donner son avis... et là en l'occurrence c'était moi le larron

Et là mon "client interne" me rappelle en me disant qu'il ne reste plus que 15 jours et que maintenant "il faut y aller et s'y mettre vraiment", me rappelant qu'il y a des dizaines de livrables à écrire et qu'il faut donc que je prenne mes quartiers permanents chez lui pour "faire l'interface". Et donc au lieu des 3 jours par semaine vendus sans présence physique, ça devient 2 semaines à temps plein sur site : pas pareil du tout, surtout quand on a pas que ce client là mais le problème en fait n'est pas là au bout du compte.

Ce qui m'a conduit à jeter l'éponge et à leur dire que je ne souhaitais pas poursuivre, en leur laissant le pitch dans les mains mais aussi en leur assurant que le temps passé déjà consommé ne leur serait pas facturé (pas encore fait le calcul mais on parle de 3 jours de boulot, donc pas rien pour le coup), je pense que c'est un acte de résilience pur, de syndrome de Stockholm inversé.

J'ai reconnu dans cette façon de travailler des choses qui m'avaient poussé à arrêter d'être salarié en agence de pub, des méthodes que je connais bien pour les avoir subies et donc je n'ai pas voulu faire comme j'avais trop fait et courber l'échine en étant foncièrement persuadé, avant même d'écrire la recommandation, que :
1) on allait dans le mur
2) tout me serait reproché en cas d'échec
3) mon "client interne" allait me faire passer les plus sales moments que j'ai passé depuis... que je ne suis plus salarié d'une agence...
4) j'allais donc sacrifier 2 semaines de ma vie pour rien et personne ne serait content

C'est donc là que mon sang n'a fait qu'un tour et que la décision a très vite été prise : STOP, fin de l'histoire, basta...

J'en garde un mauvais souvenir car je n'aime pas le sentiment d'échec que cela me laisse dans la gorge, parce que je souhaitais vraiment sincèrement les aider à gagner cette compétition (ce que je fais toujours avec mes agences clientes, souvent avec succès) et parce que je pense qu'il ne feront pas long feu s'ils continuent à gérer les choses comme ça.

Et voilà que mon blog reprend sa mission originelle de défouloir / confessionnal.

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De la veille plein les yeux



Ce slideshow a été réalisé  partir de la veille en image que je fais tous les jours et que je publie sur Flickr ici : http://flickr.com/photos/trilogicom

Des infos pour rester bien en ligne (10)

Clients Trilogicom
Le micro-blogging pour aller plus loin ou pour faire autrement...
Si vous n'avez pas encore entendu parler du micro-blogging, de Twitter, Jaiku ou de Pownce, ça va pas tarder... Ces services permettent en un nombre très limité de caractère de communiquer ce qu'on fait au moment présent, (comme le "statut" sur Facebook), ce qu'on a envie de dire, ce qu'on va faire, si l'on est disponible, son humeur du moment... Les autres abonnés peuvent "suivre" l'actualité microbloguée. Pour les personnes, c'est un outil de communication très pratique si l'on adopte le réflexe (Obama, Clinton et certains chefs d'entreprises l'ont bien compris, des millions d'autres moins connus aussi), et pour les marques c'est une opportunité de créer des relations de proximité avec ses cibles (Dell, Intel...), c'est également un service très adapté en période de crise...
Une vidéo en anglais pour mieux comprendre le fonctionnement : ici
Et la preuve par l'exemple : mon compte Twitter est affiché sur mon site et sur mon blog, et il est consultable .
Alors et vous le micro-blogging ?
 
Projets en cours...
Portail planète sacrée, blog Kid Expo, un nouveau site pour la Chaîne de l'espoir, une campagne 30 millions d'amis, WWF et Fondation Nicolas Hulot avec Optimus, INPI et APF avec Ketchum, de la veille pour EURO RSCG C&O, des prospections pour Wellcom...
 
Et toujours : recrutements...
Trilogicom cherche pour ses clients plusieurs profils de webmasters juniors sous différents statuts (stage, CDD et CDI) et sur des thématiques telles que le développement durable, la lutte contre l'isolement et la pauvreté et la microfinance. Si vous connaissez des "moutons à 5 pattes" (un peu technique, un peu marketing, un peu rédacteur et très débrouillard, n'hésitez pas à m'écrire ici.
 
   
Le Web 2.0 est  une pratique répandue chez les internautes mais vous le saviez déjà non ?
TNS SOFRES met des chiffres sur une tendance dont on parle beaucoup et qui projette les peurs autant que les fantasmes. L'étude a l'avantage d'objectiver les choses et de montrer les voies sur lesquelles réfléchir en communication corporate et en marketing. 93% des internautes utilisent entre 4 et 5 services issus de sites web 2.0, ils contribuent presque autant qu'ils consultent, principalement des informations sur les entreprises et les marques / produits, ils sont attentifs à ce qui se dit de leur entreprise et ne veulent pas qu'elle use des technologies de blogs pour les manipuler. L'étude complète est ici
   
Top of the blogs

Si vous voulez savoir pourquoi les internautes sont fans ou au contraire détestent certains marques ou certains produits, on en parle quand vous voulez !
> LES TOPS :
Adidas, Altergaz, Apple, Bang & Olufsen, Ben & Jerry's, E. Leclerc, Fiat, Firefox, Google, Google Maps, Head & Shoulders, Kit Kat, Lufthansa, Max Havelaar, Mozilla, MSN, Norauto, Nutricia, Pernod Ricard, Pioneer, Puma, Quicksilver, Samsung, Slidesahre, Sony, Véja, Verbaudet, Wii, ZaOza, Zara...
> LES FLOPS : Alice, Axe, Canal Plus, Carrefour, Cdiscount, Daihatsu, Dove, eBay, Iphone, La Poste, LCL, LG Electronics, McDonald's, Microsoft, Monoprix, Monsanto, Nouvelles Frontières, Numericable, Psystar, Renault, Sodexo, Velib'...
Rappel : ces données sont issues d'une méthodologie de veille stratégique qualitative : elles ne se basent pas sur critères quantitatifs ou chiffrés.  
 
Keyword planning
Les  vrais buzz qui agitent la blogoshère peuvent se résumer  à un mot ou une expression clé...
"écofood", "flash mobs", "géocaching", "gold class movies", "millenials"...
Vous voulez savoir comment utiliser intelligemment ces phénomènes ?
Connaître les autres buzz du moment ?
Séparer les vrais buzz des faux ?
Parlons-en...
 
 
A bientôt, et en attendant, bon surf !
 
Frédéric Bardeau
  Trilogicom
Agencements en communication
mob. : 06 64 63 43 92
fax : 01 72 70 51 37
skype : trilogicom
site : http://www.trilogicom.com
blog : http://agencements.blogs.com
veille en images : http://www.flickr.com/photos/trilogicom/show/
 
Mardi 29 avril 2008 - Newsletter Trilogicom
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L'opinion publique n'existe pas... pas plus sur le web...

Bourdieu le disait dès 1972 au sujet des sondages d'opinion qu'il décrivait comme un artefact, pointant la faiblesse structurelle les 3 grands postulats sur lesquels ils sont basés : tout le monde n'a pas d'opinion, toutes les opinions ne se valent pas et les questions que l'on pose correspondent à la conjoncture car elles découlent d'une demande qui elle-même répond à un besoin d'objectivation d'une opinion et qui procède d'une démarche commerciale... N'oublions jamais que les sondages se payent chers... Sur le web c'est pareil en pire et en mieux. L'effet de consensus décrit par Bourdieu existe aussi ("la blogosphère a réagit vivement" comme on dit "les Français" quand on a une majorité issue d'un sondage, alors que l'on devrait dire : "le débat a agité la blogosphère"), car sur le web comme dans les cafés ou les familles, toutes les opinions s'expriment et il est difficile d'en faire la moyenne... Une différence pourtant qui pourrait plaider en faveur d'une pertinence plus importante des "sondages d'opinion" sur Internet : le fait que la compétence politique par rapport aux questions posées est mécaniquement supérieure à celle de la population française chez les internautes de part leur niveaux d'éducation et de CSP supérieurs. Mais sur le fond c'est pareil, on additionne des gens qui ne parlent pas de la même façon de la même chose, et les généralisation ou les analyses des opinions sur Internet relèvent clairement de 2 effets bien connus des sondages "offline" : l'imposition de problématique (poser des questions à des gens qui ne se les posent pas), et l'effet de politisation (si on me pose la question c'est qu'il y a un enjeu et donc je vais répondre quelque chose de manipulé).

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Tous les "Dominique Maniez" sont la 11ème plaie d'Internet !

En lisant récemment "Les dix plaies d'Internet - Les dangers d'un outil fabuleux" de Dominique Maniez, je me suis dit : "non il ne faut pas que tu fasses un article sur ton blog sur ce bouquin car tu vas t'emporter..." Mais à y réfléchir je me suis dit qu'il fallait bien que quelqu'un le fasse et que ça me ferait du bien tout en mettant de l'eau à son moulin donc pourquoi s'en priver...

Alors pour ceux qui n'ont pas lu ce brillant ouvrage il a été publié chez Dunod, maison bien connue pour ses publications de qualité (hum hum) et ses auteurs de référence (hum hum bis), il faut déjà dire que sur la couverture figure une mention qui détourne l'apparence des avertissements qui figurent sur les paquets de cigarettes : "L'abus du web nuit à l'esprit critique." Le ton est donné, rentrons maintenant dans le contenu...

L'introduction est déjà très défensive ("cet ouvrage n'est pas un pamphlet contre Internet" et plus loin "il est terriblement difficile de ne pas passer pour un réactionnaire") mais elle se place sous le haut patronage de sociologues connus pour leur amour du réseau des réseaux ("la dimension mystique brillamment démontrée par philippe breton dans un ouvrage malheureusement épuisé : Le Culte d'Internet") et entend démontrer que "les technolâtres sont souvent ceux qui vivent d'Internet". D'où un autre parade qui met fin à tout ambiguïté : "le propos peut paraître excessif mais mes craintes sont légitimes en tant que parents ou que pédagogues." Par la suite, l'auteur appellera à sa rescousse Domnique Wolton et Jaron Lanier, 2 autres grands contempteurs d'Internet.

La première cible de l'ouvrage : Google. Facile et très à la mode. Mais encore faut-il prendre le problème dans le bon sens.

L'auteur part d'emblée très mal car il aborde "l'opacité du pagerank", "savons nous comment sont classés les résultats de recherche, un outil si peu transparent qui de fait sert de filtre exclusif à notre accès à l'information sur Internet") et finit carrément dans la caricature : "le moteur de recherche devient alors la figure métaphorique du Ministère de la vérité décrit par Orwell dans 1984." Dominique Maniez s'en prend dans la foulée au "fantasme de la totalité" du projet de Google, laissant entendre que tout projet totalitaire est presque par essence un projet nazi... Alexandrie, Babel, l'Encyclopédie de Diderot apprécieront. Ensuite c'est de l'hypocrisie pure car il écrit que "on peut reprocher à Google de n'avoir voulu résoudre que des problèmes techniques" : que n'aurait-on pas dit si Google avait une velléité politique, il aurait crié à 1984, et que dire de l'initiative google.org qui dépasse de beaucoup l'aide publique au développement de certains pays ou le budget de mécénat de bien des organisations... Après c'est la traditionnelle confusion entre "l'analyse sémantique" que fait Google des mails de Gmail pour cibler ses publicités et l'idée que quelqu'un lise nos courriers intimes... On finirait presque en apothéose avec l'avertissement suivant : "si on y prend pas garde la barre d'outil Google est installée par défaut dans Firefox" et on a envie de lui dire que Google comme Firefox sont des outils gratuits et performants et donc qu'on est loin des ventes liées Windows / Internet Explorer / Windows Média Player.

Seconde cible de choix bien entendu, là aussi parce que c'est déjà presque institutionnel : Wikipédia.

"La confiance aveugle que nous avons dans Wikipédia", "une bande d'irresponsables" (que dire des journalistes qui annoncent la mort de Pascal Sevran ou des personnes qui se sont succédées à l'Elysée ?), des articles qui sont le prétexte à "un combat acharné entre partisans et détracteurs" (c'est sûr que le consensus mou ou l'opacité des sources et des hiérarchisations réalisées par les experts officiels c'est mieux...). Le fond du problème de Dominique Maniez est pourtant clair : "reconnaître à chacun le statut d'auteur, c'est déclarer implicitement que cette activité n'a aucune spécificité et que nous sommes tous enseignants, journalistes ou bibliothécaires". J'avoue que moi ça ne me choque pas du tout car il y a très mauvais professionnels et de très bon autodidactes donc je ne vois pas le problème. Il reprend aussi la critique éculée de Jaron Lanier sur le "digital maoisme" à l'oeuvre actuellement sur le web, là j'ai plutôt envie de rire car quand on voit ce que sont devenus les maos de 1968 (patrons de presse, patrons d'entreprise ou philosophes et intellectuels influents à la solde des pouvoirs constitués), on se dit que les maos d'aujourd'hui ont un bel avenir.

Facebook en prend aussi pour son grade, bien entendu car là aussi c'est d'autant plus évident et que les premiers à se révolter contre Facebook sont... les propres utilisateurs de Facebook, spontanément ou grâce à des outils de défense créés grâce à Internet (MoveOn, CDT, EFF...).

Les blogs et les médias participatifs ne sont pas oubliés non plus. Si l'auteur met allègrement sur le même plan Agoravox et Rue89 (quand même...), il tient pour un argument massue le fait que Assouline, Véronis et Pisani sont de bons blogs parce que ce sont des professionnels de l'écriture. Là j'ai envie de dire que c'est très très vrai, mais que cela ne disqualifie pas les autres blogs, et encore moins le droit de publier même si l'on est pas journaliste...

Un des principaux point de blocage de Dominique Maniez est en fait qu'il se place dans la position surplombante et infantilisante du pédagogue ou du parent effrayé pour nos chères petites têtes blondes : "le mauvais usage que peuvent faire les adolescents d'Internet (...) le téléchargement illégal (...) les chats et leurs fautes d'orthographes (...) les adolescents lisent de moins en moins (...) la musique leur est trop chère alors qu'ils téléchargent de manière payante leurs sonneries (...)". On croit vraiment rêver car cela lui permet juste après de faire l'éloge du "Gestionnaire d'accès" d'Internet Explorer, navigateur aussi monopolistique que défaillant...

Un des points fortement bancale de son argumentation se montre clairement sur la question de l'anonymat ("j'avance masqué / larvatus prodeo") qui est à la fois la source de tous les maux ("l'Internet a accru la possibilité de mentir" et "le spam est la conséquence de l'anonymat que permet Internet") mais également une caractéristique qui n'est pas assez partagée car quand nous surfons "nous sommes devenus les victimes consentantes du pillage de notre vie privée".

Pour finir sur une note positive, je suis entièrement d'accord avec lui sur le caractère fondamental de la protection des données personnelles, sur le fait qu'il faut "surfer de manière plus responsable" et qu'il faut éduquer à Internet car "l'apprentissage d'Internet se fait malheureusement seul". Mais à tout ça "Internet y pourvoira" car ce sont les utilisateurs qui trouvent les solutions et ça c'est inédit dans toute l'histoire humaine et ça change des médias "top-down" qui nous transformaient en cibles passives et en oisillons qui attendaient la becquée...

Sans rancune Dominique et bon surf...


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